Brèves de voyages,  Santé

Le jour où nous avons commencé un trafic de vaccins

Ne vous inquiétez pas ! Malgré un titre racoleur, nous ne sommes pas devenus de dangereux criminels à la tête d’un gang… Quoique ?

Lorsque nous étions encore d'honnêtes gens...

C’était en janvier 2019. Nous commencions nos préparatifs intensifs pour notre tour d’Asie. Après une visite chez notre médecin généraliste, pour faire le point sur nos vaccinations, nous nous sommes rendus compte qu’Adrien n’avait pas été piqué contre l’hépatite B. En plus des centaines quelques injections que nous devions subir, Monsieur devait rajouter celles-ci à sa liste.

Nous nous sommes dirigés vers notre pharmacie habituelle pour récupérer toutes nos doses, et avons été reçus par cette gentille dame, qui nous trouvait très précautionneux et nous félicitait de prendre au sérieux cette question de la vaccination : « Oh làlà, vous savez, généralement, les gens veulent partir dans deux semaines et pensent à se faire vacciner à ce moment-là ! ». Elle disparut dans l’arrière-boutique pour nous dénicher toutes nos boites. Nous étions encore plein d’espoir et nous nous imaginions déjà gambader dans Lyon, les pansements sur les deltoïdes, immunisés contre ces maladies aux noms peu racoleurs (une « encéphalite japonaise », ça vous donne envie, vous ?).

Le couperet est tombé lorsque cette charmante pharmacienne est revenue : il n’y avait plus de vaccin contre l’hépatite B ! Elle s’en était rappelée en allant le chercher, et nous a confirmé que plusieurs personnes étaient déjà venues avant nous pour trouver le Graal, en vain.

Sueur et tremblements !

Professionnelle, elle a cherché dans sa base de données mais ne trouvait aucune pharmacie dans les environs ayant le sérum. Son collègue nous confirma qu’il y avait une pénurie, qui serait levée sûrement d’ici avril 2019. Sauf que nous avions besoin de ce vaccin rapidement. Adrien devait se faire injecter une première dose en janvier, puis un premier rappel un mois après, et un dernier avant de partir en août. Nous commencions à nous demander si Adrien n’était pas condamné à ne pas être vacciné contre cette vilaine maladie…

Le moment où tout a basculé

Je pense que c’est à ce moment précis que le trafic a commencé. Nous recherchions notre précieux, et avons vécu des aventures mêlant appels téléphoniques à des pharmacies lyonnaises, et épopées en dehors de la ville, dans le brouillard de l’hiver.

Nous avons aussi appelé mes parents, qui habitent en Bourgogne, pour leur faire part de notre problème. Un peu comme une famille mafieuse, ils ont compris, n’ont pas dit mot, et se sont dirigés vers leur pharmacie de quartier. Une boite était disponible. Mais comme un sac de créateur pendant les soldes, il n’y en aurait pas pour tout le monde !

Après avoir envoyé les documents nécessaires, mes parents sont retournés sur les lieux de l’échange, ont secrètement glissé à la pharmacienne ce qu’ils venaient chercher. Puis ils sont repartis avec une petite poche réfrigérante contenant le précieux sérum.

Le dimanche qui suivit, nous avions un rendez-vous fixé à la gare de la Part Dieu avec mon frère. Il faisait gris et nous étions en jogging. Nous nous sommes retrouvés entre deux quais, dans la foule. Mon frère, qui venait pour d’honnêtes activités (voir le spectacle d’Éric Antoine, précisons-le), a sorti de son sac de sport, sans dire un mot, la fameuse pochette réfrigérante. Nous lui avons donné une bouteille de Coca-Cola en échange. Business is Business. Puis nous sommes repartis chacun de notre côté.

Une première dose dans la poche, il nous en fallait toujours plus, nous étions devenus des accros du trafic…

Une dose c'est bien, deux doses, c'est mieux !

Nous avons repris notre routine : appels téléphoniques, quêtes dans toute la région. Alors que je rentrais d’un déjeuner avec mes anciens collègues, je suis passée devant une petite pharmacie. Il y avait une place de parking juste devant, et un rayon de soleil apparu. C’était un signe. Je suis rentrée et j’ai posé la question fatidique : « Bonjour, je voulais savoir si vous aviez une boite de vaccin contre l’hépatite B, s’il vous plait ? ».

Un peu embêtée, la pharmacienne dit qu’elle en avait une la semaine dernière mais qu’il y avait une rupture alors, elle ne savait pas, « yes, no, maybe, I don’t know… Can you repeat the question ? ». Puis elle vérifia dans son arrière-boutique et sur son registre informatique. L’espoir semblait avoir quitté son corps et le mien. Encore une fois.

Et soudain, par miracle, la professionnelle a repéré une dose disponible dans une pharmacie du réseau. Mais elle m’a tout de suite mise en garde : « Attention, ce n’est pas vraiment la porte à côté… ». Je lui demandais alors de me donner plus de détails, et elle enchaînait : « C’est à Villeurbanne ». A huit kilomètres. Peut-être aurais-je dû amener mon passeport avec moi pour la douane…

Je pris le nom de cette succursale, et tentai d’appeler une fois, puis deux. Mais c’était encore la pause déjeuner à 8 kilomètres ! Ah !, ces décalages horaires !

J’ai alors appelé Adrien, qui était à Paris dans la matinée. Nous avions besoin de sa carte vitale pour espérer récupérer la précieuse boite. Il me confirma qu’il serait à la gare Part Dieu à 16 h 30. Au même moment, la pharmacie du bout du monde répondit enfin et mit la dose de côté. Tout semblait si bien coordonné ! Allions-nous y arriver ?

A 16 h 30, j’étais sur le parking dépose-minute de la Part Dieu. Adrien est arrivé et je fis vrombir le moteur de notre voiture (à 50 km/h, mais avec la musique un peu fort… Soyons fous, on ne vit qu’une fois !).

Arrivés devant la pharmacie, on aurait cru un épisode de Pékin Express : Adrien me dit à peine merci, prit son sac à dos et courut à l’intérieur. 

Après quelques minutes d’attente, il obtint enfin son vaccin ! Nous avions réussi ! Mais nous devions raccrocher la veste de trafiquants du dimanche… Pour combien de temps ? Il restait encore une injection, après tout…

En avril 2019, nous avons pris les devants: après une conversation de sourds avec un énième pharmacien, qui essaya de me convaincre que je n’avais pas besoin de me faire injecter de rappel de mes vaccins (j’avoue n’avoir pas encore compris), j’ai obtenu toutes les doses nécessaires. Elles trônent entre les yaourts et le camembert dans notre frigo en attendant de rentrer en scène cet été !

Moralités...

La morale de cette histoire chevaleresque est qu’il sert toujours de s’y prendre légèrement en avance. C’est la pharmacienne à côté de chez nous qui le dit ! Vous pourrez toujours vous retourner en cas de mauvaise surprise !

Pour être un peu plus sérieux, nous avons appris qu’il y a actuellement plusieurs pénuries de vaccins en France, notamment dans les villes.

Certains vaccins recommandés en cas de long voyage sont en très forte demande et ne sont pas forcément disponibles. C’est le cas des vaccins contre la fièvre jaune ou de celui contre l’hépatite B.

Si vous prévoyez de partir, n’hésitez pas à anticiper ces questions. Votre santé en voyage est primordiale ! N’hésitez d’ailleurs pas à lire ou relire nos articles dédiés à la santé en voyage.

A une prochaine, pour une nouvelle anecdote de voyage ! 

Et maintenant, à vous !

Avez-vous déjà eu des petites frayeurs avant de partir à l’aventure ?

Si vous avez aimé notre article, n’hésitez pas à le partager autour de vous, et à nous laisser un commentaire ❤️

Hello ! C'est Moi Garance, la co-pilote de Nos Pas en Avant. J'ai décidé avec Adrien de parcourir le monde, parce que je suis beaucoup trop curieuse. En septembre 2019, nous nous envolerons pour notre grand Tour d'Asie. Je partage avec vous nos anecdotes de voyage et nos bons plans (de manière décalée ou façon roman-fleuve).

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